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Books in 2011

Les dernières vedettes !
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Les chroniques sont signées Boulie !

Les chouchous 2010 ont été :

"La couleur des sentiments" - Kathryn Stockett

"La partie de cache-cache"  - Laurent Cachard

"De deux choses l'une"  - Christine Détrez

"Ouragan" - Laurent Gaudé

"Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants" - Mathias Enard

"Quand souffle le vent du nord"  - Daniel Glattauer

"Nos étoiles ont filé" - Anne-Marie Révol

"L'amour est une île"  - Claudie Gallay


Et on attaque 2011 avec : 

"Neige" et "le violon noir" de Maxence Fermine

"Seule Venise" de Claudie Gallay

"L'attentat" de Yasmina Khadra

"La mort du roi Tsongor" de Laurent Gaudé

 "Magnus" de Sylvie Germain

"Bifteck" de Martin Provost

"Jeux croisés" de Marie Sizun

"Novecento : pianiste" d'Alessandro Barrico

"La fortune de Sila" de Fabrice Humbert

  "La nonne et le brigand" de Frédérique Deghelt

 "Le café de l'Excelsior", "le bruit des trousseaux" de Philippe Claudel

"Le choeur des femmes" de Martin Winckler

"Nagasaki" d'Eric Faye

"Le Fils" de Michel Rostain

"Une lointaine Arcadie" de JM Chevrier

"Passé sous silence" d'Alice Ferney

"La pluie avant qu'elle tombe" de Jonathan Coe

"L'insomnie des étoiles" de Marc Dugain

"La jeune fille à la perle" de Tracy Chevalier

"L'écrivain de la famille" de Grégoire Delacourt

"Bandini" de John Fante


 

 

 Noir et/ou polar :



 Classiques :

 

 

Les moyens... 

"Ce que je sais de Vera Candida" de Véronique Olvadé

  "Dans ma peau" de Guillaume de Fonclare

"Je vais bien ne t'en fais pas" d'Olivier Adam

"La trilogie des jumeaux" d'Agota Kristof

 

 

... voire les crasses...

"La carte et le territoirede Michel Houellebecq






 

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Lundi 4 avril 2011 1 04 /04 /Avr /2011 15:09

Non... Vraiment, rien de grave...

C'est lundi et c'est le titre du roman de Justine Lévy.

 

Alors, je ne vais pas m'attarder sur le weekend pour le moins 'curieux', du point de vue météorologique, que nous avons passé, à savoir la fête du slip le samedi -genre tous dehors en short et en tongs- quand il a fallu repasser un col roulé le dimanche !

Mais le fait est qu'un dimanche pluvieux est toujours propice à la lecture...

Je disais donc ? Rien, rien de grave...

 

Le pitch

riendegrave-copie-1"Tu t'attendais à quoi ? Je lui ai dit. Tu crois que ça va être facile de me quitter ? Tu crois que je vais te laisser faire comme ça ? J'ai lancé le cadre par terre, le verre s'est brisé mais comme c'était pas assez, j'ai bondi du lit et j'ai déchiré la photo, celle qu'il prétendait tant aimer, la photo de nous deux en mariés, beaux et légèrement ridicules, il y avait tant de monde qu'on ne connaissait pas à notre mariage qu'on est partis avant la fin. Il a eu l'air triste, plus de la photo déchirée que du fait de me quitter. Il a toujours été fou avec les photos. Parfois je me disais qu'il n'aimait les choses de la vie que pour les voir un jour en photo. Moi c'est le contraire, rien ne me fait plus peur qu'une photo de bonheur avec toute la quantité de malheur qu'elle promet, qu'elle contient, mais sans le dire, en cachant bien son jeu. Je ne savais pas encore que c'était la meilleure chose qui puisse m'arriver, qu'il me quitte. Comment j'aurais pu le savoir ? Il était toute ma vie, sans lui je n'existais pas"

 

Mon point de vue

Je dois reconnaître que j'ai eu bien du mal à y venir... A Justine Lévy... J'entends !

Son nom, son image, mes à-prioris... Les fils et les filles de... Et pourtant... M et Arthur H...

Bref.

J'ai essayé un premier roman de l'auteure 'Mauvaise fille', sur les bons conseils de ma copine Val, qui le proposait lors d'un cercle de lecture. Et comme une amitié de longue date ne peut pas se construire -entre autres- sur des goûts littéraires à l'opposé l'un de l'autre, il fallait que je creuse... Que je me fasse ma propre religion sur le sujet.

Et alors que plus tard, je ne pourrais définitivement pas la rejoindre sur le dernier Houellebecq, je lui faisais confiance sur Lévy...

Mais alors, quelle ne fût pas ma surprise de découvrir une fille pleine de talent et de sincérité.

Et voilà donc qu'à la lecture de 'Rien de grave' j'ai retrouvé cette grâce...

Voilà bien un mot que je n'utilise jamais... Mais, oui en somme je la trouve assez gracieuse cette fille. Légère comme une plume, aussi discrète qu'un petit rat de l'opéra, aussi fragile qu'une bulle de savon...

Elle a cette sincérité de propos qui touche, qui bouleverse.

Tout du moins, qui ME touche et ME bouleverse. Moi qui ne suis pas du genre à m'apitoyer sur mon sort -alors encore moins sur celui des autres- qui suis plutôt du genre à m'exaspérer des petits bobos des pauvres petites filles riches... Là non.

Quand une écorchée vive écrit qu'elle n'est rien d'autre qu'une 'écorchée vive' et qu'elle sait pourquoi, vous l'explique, c'est compliqué de rester insensible...

Quand une jeune femme amoureuse, folle d'amour pour un homme vit son désaveu, voit sa rupture arriver sans y croire, la subit, en crève... Alors, je peux avoir de la compassion, de l'intérêt, de la curiosité et de l'empathie.

Quand quelqu'un admet qu'il/elle se voit plonger au fond du trou, n'arrive plus à remonter, fout sa vie en l'air sans que personne ne l'aide, touche à toutes les drogues possibles pour éviter sa vie, remonte d'une dépression comme elle peut... Alors, j'ai de l'admiration pour ce courage infime de ne pas se laisser aller totalement.

Et alors, quand le tout est écrit le plus naturellement du monde, il n'en faut pas moins pour me laisser admirative.

Son style peut paraître étonnant, avec un aspect un peu brouillon mais il cache en réalité une grande sensibilité d'écriture. Avec, à son honneur la faculté de passer d'un sujet à un autre sans jamais perdre le lecteur... 

Mais son style n'a vraiment d'égal que sa puissance de narration et sa naïve authenticité qui fait de son personnage quelqu'un d'extremement attachant. L'est-elle tout autant dans la vie ?

Le fait est que j'ai totalement fait abstraction de qui elle est, en vrai, cette Justine... Abstraction aussi de son histoire malheureuse de jeune femme trompée par celle qui deviendra première dame de France. Celle, qui avant de croquer notre président, n'avait fait qu'un bouchée de l'amour de Justine alors que loin d'être affamée (ce qui n'aurait excusé en rien) elle fricotait déjà avec le père du jeune homme en question...

Non, je suis totalement détachée des tabloïds et autres "torche cul" et je n'ai vu dans ce roman qu'une toile de fond prétexte à me raconter la vie d'une jeune fille seule, terriblement seule, d'une fragilité inconcevable dans ce monde de brutes, aimant profondément ses parents, vouant un amour incroyable à son père, amoureuse du mauvais mec, blessée par une grossesse interrompue...

L'histoire d'une jeune fille qui passe à l'état de jeune femme mais avec beaucoup de heurts. Aucune fluidité dans le changement... Une crise d'adolescence infiniment tardive...

 

Extraits :

guillemet fermer Est-ce que c'était de la jalousie ? Au début, bien-sûr, je l'ai pensé. Je me suis dit il est juste jaloux de mes relations avec mon père. Je trouvais ça bête, il y a plusieurs sortes d'amour, il n'y en a pas une vaut plus que l'autre et il n'y a pas de quoi être jaloux, j'aime mon père comme toutes les filles du monde aiment le leur, bon, d'accord, un peu plus, et après ?

Ensuite, j'ai pensé qu'il était jaloux, pas par rapport à moi, mais par rapport à lui, un truc de coq, une histoire de rivalités entre mecs, la vie, la réussite, la reconnaissance, tous ces machins dont je n'ai jamais très bien su quelle importance ils avaient pour papa, mais pour Adrien ça comptait tellement, il faisait le compte en permanence, ton père avait quoi, à mon âge ? et quoi encore après ? et moi et moi et moi ? Aujourd'hui, je ne peux pas m'empêcher de penser qu'un garçon qui, parmi les milliards de femmes qu'il y a sur la planète, va juste chercher celle qui est avec son père à lui, et la lui pique, a quand même un vrai problème avec tout ça.

 

Voilà... 215 pages très très touchantes...

 

 

 




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